Download E-books L'Œuvre de l'art, tome 1 : Immanence et trancendance PDF

By Gérard Genette

Les œuvres d’art revêtent deux modes d’existence, qui sont l’immanence et l. a. transcendance. L’immanence est définie par le sort d’objet en lequel l’œuvre « consiste », et se distribue ainsi en deux régimes, baptisés depuis Nelson Goodman l’autobiographique et l’allographique. Dans le premiere, l’objet d’immanence (un tableau, une sculpture, une functionality) est matériel et se manifeste de lui-même. Dans le moment, cet objet (un texte littéraire, une composition musicale, le plan d’un édifice) est idéal, conçu par réduction à partir de ses manifestations physiques : livres, walls, exécutions. l. a. transcendance est définie par les diverses manières dont une œuvre déborde son immanence : lorsqu’elle consiste en plusieurs objets non identiques (œuvres à « types »), lorsqu’elle se manifeste de manière lacunaire (fragments) ou indirecte (copies, reproductions, descriptions) ou lorsqu’elle agit diversement selon les lieux, les époques, les individus, les circonstances : on ne regarde jamais deux fois le même tableau, on ne lit jamais deux fois le même livre. L’œuvre ne se réduit donc pas à son objet d’immanence, parce que son être est inséparable de son motion. L’œuvre d’art est toujours déjà l’œuvre de l’art.

Show description

Read Online or Download L'Œuvre de l'art, tome 1 : Immanence et trancendance PDF

Best Aesthetics books

Marvelous Images: On Values and the Arts

The twelve essays by way of Kendall Walton during this quantity handle a extensive diversity of theoretical concerns about the arts. lots of them practice to the humanities generally-to literature, theater, movie, tune, and the visible arts-but numerous concentration totally on pictorial illustration or images. In "'How outstanding!

Shapes: Nature's Patterns: A Tapestry in Three Parts

Styles are in every single place in nature - within the ranks of clouds within the sky, the stripes of an angelfish, the association of petals in plant life. the place does this order and regularity come from? It creates itself. The styles we see come from self-organization. no matter if residing or non-living, scientists have came across that there's a pattern-forming tendency inherent within the simple constitution and tactics of nature, in order that from a couple of basic issues, and the repetition of easy principles, never-ending appealing diversifications can come up.

Iranian Cinema and Philosophy: Shooting Truth (Literatures and Cultures of the Islamic World)

In movie stories, Iranian motion pictures are saved at a distance, as 'other,' varied, and unique. In reponse, this publication takes those movies as philosophically proper and cutting edge. each one bankruptcy of this book is dedicated to reading a unmarried movie, and every bankruptcy specializes in one thinker and one specific aesthetic query.

Action Movies: The Cinema of Striking Back (Short Cuts (Wallflower))

Motion videos: The Cinema of impressive Back is a quick, sharp advent to the cinema of motion. motion videos aren't simply jam-packed with motion, they are approximately motion: approximately responding to threats and traumas with severe prejudice. motion heroes do not hunt down experience, they reply to dire necessity; usually with panic, hysteria, and rage.

Additional info for L'Œuvre de l'art, tome 1 : Immanence et trancendance

Show sample text content

Et que les autres types n’en sont que des copies ou des transcriptions dont le caractère auctorial et les variantes de toutes sortes ne modifient pas le statut mineur (non opéral). l. a. deuxième, inversement, que le most popular Bénédicité (ou les deux premiers, and so forth. ) ou los angeles première Tentation (ou les deux premières) ne sont que des esquisses préparatoires à l’état définitif, seul digne du nom d’œuvre. los angeles troisième, que Chardin ou Flaubert ont produit là plusieurs œuvres homonymes mais distinctes, comme le sont effectivement81 les diverses Sainte-Victoire de Cézanne ou les deux Éducation sentimentale de Flaubert. A cette incertitude s’ajoute, me semble-t-il, une contradiction avec l’acceptation, chez Goodman, du caractère a number of des œuvres de gravure ou de sculpture de fonte. l. a. place nominaliste devrait ici tenir également chaque épreuve pour une œuvre distincte, ou le modèle ou l. a. planche pour los angeles seule œuvre authentique, dont les épreuves ne seraient que des reproductions dérivées par empreinte. On sait que Goodman n’envisage nullement une telle description, et je feel que ce qui l’en détourne est le admire (justifié) de l’usage, qui voit dans les épreuves les � produits ultimes », et donc les œuvres proprement dites, et dans les modèles ou les planches des étapes transitoires dans leur procès de construction. Or, il me semble que le même utilization impose que l’on accepte los angeles pluralité d’immanence des œuvres à types, dont au demeurant (sauf pour les œuvres à culture orale ou manuscrite et à pluralité collective) l’« histoire de production » bénéficie davantage de l. a. garantie auctoriale que celle des œuvres multipliées par empreinte par les soins éventuellement suspects d’un praticien. C’est ce divorce avec l’usage du monde de l’art qui rend selon moi intenable los angeles place nominaliste. Le consensus culturel tient Le Bénédicité, l. a. Tentation de saint Antoine, Petrouchka et même (aujourd’hui) l. a. Chanson de Roland, non pas chacun pour un groupe d’œuvres homonymes ou pour une série chronologique d’états dont un seul (et lequel ? ) serait une œuvre, mais bien pour une œuvre en plusieurs versions : il n’est pour s’en convaincre que de consulter les catalogues, les monographies ou les recueils d’œuvres complètes. Et une théorie des œuvres qui ne rend pas compte des assomptions coutumières du monde de l’art est, dans cette mesure, invalide. l. a. inspiration d’œuvre à immanence plurielle est certes un être de raison, une entité weird and wonderful dont on aimerait pouvoir se passer en vertu du principe ne praeter necessitatem. Mais l’usage aussi est un fait, et qui, autant que les autres, impose nécessité. Toutefois, assumer l’usage ne dispense pas de s’interroger sur ses critères, ou simplement ses motifs. Dans le cas présent, il me semble que les critères de l’identité opérale, c’est-à-dire les motifs qui incitent l’usage dominant à rapporter à � la même œuvre » un sure nombre d’objets non identiques entre eux82, sont de plusieurs ordres dont aucun ne suffirait à lui seul : entre autres, l’identité thématique qui unit les divers Bénédicité, ou les trois Tentation, ou Guerre et Paix en russe et en français, mais qui fait défaut aux deux Éducation sentimentale83 ; l’identité de mode, dont l’absence retient d’attribuer une unité opérale à L’Assommoir roman et à L’Assommoir drame, ou à L’Espoir roman et à Espoir movie (la légère différence de titre signalant ici assez bien l. a. différence de médium) ; ou en musique l’identité de constitution mélodique, harmonique et rythmique qui survit à une transcription ou à une transposition ; l’identité génétique, qui unit les deux types du Cid (même auteur), mais non le Cid de Corneille aux Moce~ dades del Cid de Guillen de Castro (auteurs distincts), ou deux Bénédicité (autocopie) mais non deux Montagne Sainte-Victoire (reprise à nouveaux frais sur le motif) ; ou à défaut et dans les stipulations susdites, l. a. continuité de culture oralo-scripturale qui unit, suppose-t-on, les diverses Chanson de Roland, mais non l’Œdipe de Voltaire à celui de Corneille.

Rated 4.58 of 5 – based on 3 votes